L’église Saint-Gurval de Guer se reconnaît de loin à son clocher élancé, qui marque depuis le XIXᵉ siècle le cœur de la commune. Construit en pierre, il prolonge la nef occidentale et s’inscrit dans l’alignement de l’église en forme de croix latine.
La présence d’une église à Guer est attestée dès le IXᵉ siècle, mais l’édifice actuel est largement une reconstruction moderne. Après les troubles de la Révolution, la paroisse fait rebâtir l’église entre 1807 et 1847, en reprenant le patronage de saint Gurval, ermite installé dans la région dès le VIIᵉ siècle. Le clocher, avec la partie occidentale de la nef, est ajouté ensuite, en 1845, complétant la silhouette que nous connaissons aujourd’hui. Il devient alors un repère pour les habitants, dominant le bourg et rythmant la vie quotidienne par la sonnerie de ses quatre cloches, dont la plus ancienne date de 1808.
À l’extérieur, le clocher s’élève en plusieurs niveaux percés de baies qui laissent deviner les abat-sons des cloches. Sa maçonnerie sobre s’accorde avec l’architecture néoclassique de l’église, sans surcharge décorative, mais avec le souci d’une belle verticalité tournée vers le ciel. Par temps clair, sa flèche se détache sur le paysage de la vallée de l’Oyon, comme un signe discret rappelant la présence de la communauté chrétienne au cœur de la ville.
À l’intérieur, le clocher donne accès à une église richement aménagée au XIXᵉ siècle. Le dallage, réalisé en 1923 par les frères Odorico, dessine un chemin en mosaïque qui conduit vers le chœur. On y découvre notamment une châsse reliquaire de saint Gurval datant du XVᵉ siècle, un demi‑relief en albâtre de la même époque, ainsi que diverses statues et vitraux qui invitent à la prière. Ainsi, le clocher de Guer n’est pas seulement un point de repère dans la ville : il est la porte d’entrée d’un lieu où histoire, art sacré et vie paroissiale continuent de se rencontrer et de se renouveler.


