L’église Saint-Rémi de Réminiac est marquée par la présence de son clocher, repère familier dans le paysage du bourg. Édifiée dans sa forme actuelle au XIXe siècle, elle s’inscrit toutefois dans une histoire paroissiale beaucoup plus ancienne, attachée au nom même de Réminiac et à la mémoire de saint Rémi.
Le clocher de Saint-Rémi
L’église paroissiale de Réminiac est dédiée à saint Rémi, ou saint Rémy, évêque de Reims traditionnellement associé au baptême de Clovis. Cette dédicace éclaire l’origine du nom de la commune : Réminiac est rattaché au latin Ruminiacum, lié à saint Rémi. Le lieu est mentionné dès le 18 janvier 856 dans le cartulaire de l’abbaye de Redon, sous le nom de Ruminiac, alors qu’il constitue un territoire dépendant de Caro.
La communauté chrétienne de Réminiac s’est formée progressivement. Après avoir été une trève, le village fut érigé en paroisse à une époque ancienne, sans que la date précise soit connue. Il appartenait alors au diocèse de Saint-Malo. Après la réorganisation religieuse consécutive au Concordat, Réminiac fut rattaché au diocèse de Vannes en 1801.
L’église actuelle remplace un édifice plus ancien, généralement attribué au XVIe siècle. Elle fut reconstruite vers 1883 grâce à l’action du recteur, à la générosité de plusieurs donateurs — M. Géhanno, Mme Rialan et Mlle du Rocher — ainsi qu’à la participation des habitants. La nouvelle église fut bénie le 3 mai 1883 et conserva naturellement le patronage de saint Rémi.
Le clocher accompagne cette église reconstruite. Il ne constitue pas seulement un élément de silhouette architecturale : il affirme la présence de l’église au cœur du village et porte les cloches qui accompagnent traditionnellement les grands temps de la vie paroissiale. Leur voix a pu réunir les fidèles pour la célébration, marquer les baptêmes et les mariages, ou encore soutenir la communauté dans les heures du deuil.
À l’intérieur, l’église garde des traces précieuses de son histoire. Les autels latéraux sont dédiés à la Sainte Vierge et à saint Joseph. Les vitraux sont dus au peintre-verrier Laumonnier ; l’un d’eux, représentant le baptême de Clovis, date de 1896. Cette scène fait directement écho au saint patron de l’église.
Le chœur conserve également le souvenir des seigneurs de La Fresnaye et de La Minière, dont les sépultures sont attestées par les registres paroissiaux conservés depuis 1569. Ainsi, le clocher de Saint-Rémi veille sur un édifice où se rejoignent l’histoire locale, la mémoire des générations et la foi vécue par la communauté de Réminiac.


